Poème
Quimper
par Anatole LE BRAZ
A André Bénac Ce qui me charme en toi, Quimper de Cornouailles, C'est qu'une âme rustique imprègne ta cité, Que les champs sont chez eux au coeur de tes murailles Et que, né paysan, ton peuple l'est resté. Tes rivières te font un collier de sonnailles Et dans leurs reflets verts mirent le quai planté Dont tes Nausicaas, blondes du blond des pailles, Aspergent le granit d'eau vive et de gaîté. Le soir, à l'heure intime et bleue où les toits fument, Quand se tait l'angélus aux clochers qui s'embrument, Un grêle biniou chevrote un air léger ; Et, sur le bord de l'ombre où se dissout la ville, Le Mont Frugi s'accoude ainsi qu'un vieux berger Qui rêve sous la lune à quelque jeune idylle.
Commentaires (1)
Roi celte mélomane ---------------------- Ce vieux roi se languit des chants de Cornouailles, Ceux que le Barzaz Breiz a fréquemment cités ; Le peintre qui, ce jour, vient orner sa muraille, Tout en les trouvant beaux, ne peut les imiter. Le monarque aime aussi la clameur des sonnailles Et la danse des pins nouvellement plantés, La sieste au chaud du jour sur des bottes de paille, Les harpes, les sabots, le vin et la gaîté. Quand, au seuil de l'hiver, le toit du palais fume, Le roi songe au passé, sa vieille âme s'embrume, Malgré le bon bouffon dont le coeur est léger ; Alors, il va marcher dans Quimper, dans sa ville, Récitant sa prière ainsi qu’un vieux berger Dont le chemin, dit-on, n'a pas été facile.
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