Poème
Coiffe Trégorroise
par Anatole LE BRAZ
Sur un front lisse et pur, finement épinglée, Tu m'évoques ma mère, ô coiffe du Trégor, Et, dans ta conque frêle avec art ciselée, C'est toute la chanson de mon passé qui dort. Comme tu palpitais, pudique, à la veillée, Sur quelque nuque mince aux chastes frisons d'or ! De ton charme, longtemps, j'eus l'âme ensorcelée Et, d'y songer ce soir, mon coeur tressaille encor. Coiffe de mon pays, aucun ruban profane Jamais n'a déparé ta grâce diaphane : Ton élégance est toute en ta simplicité. Les filles du Trégor t'ont faite à leur image : Aussi frais que ton lin sans tache est leur visage, Aussi vierge de tout mensonge leur beauté.
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Quatre beaux valets ---------- Par le Valet de Pique est ma jument sellée, Et c’est à l’écurie que ce serviteur dort. La crinière est par lui proprement démêlée, Il parle à cette bête en patois de Belfort. Par le Valet de Coeur est balayée l’allée Quand les arbres sont veufs de leur feuillage d’or ; Je lui donne du cidre, au moins quatre bolées, Cette fraîche potion revigore son corps. Le Valet de Carreau la voiture dépanne, Il sait aussi régler la chaudière à propane ; Je lui verse du vin, car il l’a mérité. Quant au Valet de Trèfle, étrange personnage,: Il se repose au lieu de faire le ménage ; En vain nous lui parlons de solidarité.
Titre (variante) : Quatre valets du goupil-paon ------------------------
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