Poème
Qui niera, Gillebert, s'il ne veut résister
Qui niera, Gillebert, s'il ne veut résister Au jugement commun, que le siège de Pierre Qu'on peut dire à bon droit un paradis en terre, Aussi bien que le ciel, n'ait son grand Jupiter ? Les Grecs nous ont fait l'un sur Olympe habiter, Dont souvent dessus nous ses foudres il desserre : L'autre du Vatican délâche son tonnerre, Quand quelque roi l'a fait contre lui dépiter. Du Jupiter céleste un Ganymède on vante, Le tusque Jupiter en a plus de cinquante : L'un de nectar s'enivre, et l'autre de bon vin. De l'aigle l'un et l'autre a la défense prise, Mais l'un hait les tyrans, l'autre les favorise : Le mortel en ceci n'est semblable au divin.
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Sur le trône ------------- Le père Dupanloup, vêtu en majesté Des habits que jadis porta l'apôtre Pierre, Prend garde de ne rien laisser traîner par terre Et que son suspensoir reste bien ajusté. Sur son trône, il savoure un repos mérité, Sachant qu'il s'est livré, sous la clarté lunaire, À des ébats, dit-on, plutôt spectaculaires, Au gré de son désir toujours ressuscité. Ô Félix, à bon droit la chronique te vante : Les nonnes du palais, qui sont plus de cinquante, Ne disent que du bien de tes pouvoirs divins. Mais tu rends à présent tes devoirs à l'Église ; Et, selon l'habitude en ta jeunesse prise, Tu vides le calice empli du meilleur vin.
Évêque manichéen ------------- Deux êtres sont pour lui remplis de majesté, L’un deux est créateur du Ciel et de la Terre ; L’autre est inconnaissable, il est un pur mystère, Et tout être en ce monde est ainsi contrasté. L’évêque s’accoutume à ces deux vérités, À la froideur lunaire, à la chaleur solaire ; Deux livres sont chargés de mots oraculaires, Aucun des deux écrits n’est de l’autre imité. Âme, serais-tu donc de deux maîtres servante ? Et d’avoir deux bouquins, en es-tu plus savante ? Difficile de croire à deux Seigneurs divins. Bien peu de citoyens fréquentent cette église ; Cette théologie toujours reste incomprise, Les deux textes sacrés sont récités en vain.
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