Poème
Que n'ai-je encor la harpe thracienne
Que n'ai-je encor la harpe thracienne, Pour réveiller de l'enfer paresseux Ces vieux Césars, et les ombres de ceux Qui ont bâti cette ville ancienne ? Ou que je n'ai celle amphionienne, Pour animer d'un accord plus heureux De ces vieux murs les ossements pierreux, Et restaurer la gloire ausonienne ? Pussé-je au moins d'un pinceau plus agile Sur le patron de quelque grand Virgile De ces palais les portraits façonner : J'entreprendrais, vu l'ardeur qui m'allume, De rebâtir au compas de la plume Ce que les mains ne peuvent maçonner.
Commentaires (2)
Édifice --------- Du Bellay, tant d’idées te viennent ! Ton coeur n’est jamais paresseux, Car il est héritier de ceux Qui, magiciens et magiciennes, (Y compris les cartomanciennes) Ont fait des pronostics nombreux, Que les rhapsodes valeureux Mirent en odes saturniennes. Nous savons qu’il fut bien agile En son latin, le fier Virgile ; Mais ton français est façonné Comme un miroir où l’oeil s’allume, Comme un temple, au fil de la plume, Que la rime vient maçonner.
Harpe du temps jadis --------- Harpe dont les sons me reviennent, Charme d’un souvenir ombreux ; Issue d’un passé ténébreux, Joue ta mélodie magicienne. Cette musique est très ancienne, Ses interprètes sont nombreux ; Elle apaise les coeurs fiévreux, Consolant ton âme et la mienne. Le mouvement des doigts agiles Montre qu’ils ne sont pas fragiles ; J’entends un ange fredonner. Au ciel une étoile s’allume, Bientôt je poserai ma plume ; L’heure du repos va sonner.
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