Poème
Que chaque parole me soit comme un bruit de ressac
par Jacques PREVEL
Que chaque parole me soit comme un bruit de ressac Et qu'importe que mon sang coule et que je sois meurtri Je ne périrai pas si je ne fais pas un geste affolé Pour arrêter cette course située dans l'élargissement incandescent de la durée Je ne périrai pas Si ma voix ne s'élève que pour conjuguer le sarcasme avec ce vertige de me reconnaître Et non pour demander que s'arrête cette mort et cette survie qui m'ont scalpé Depuis je ne sais combien d'années au long des siècles Dans la gigantesque dérision du temps Car je me souviens d'une explosion de laves englouties Dans une glissade immobile où tout était situé dans la parenthèse éternelle Et ratifié par le surgissement saccadé de je ne sais quelle sourde et sauvage mélopée
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