Poème
Quant bien un homme droit condamné par la rage...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Quant bien un homme droit condamné par la rage Des calomniateurs sur l'eschaffaut sanglant Verroit choir sur son col le coutelas tremblant, Joüant devant le monde un triste personnage : N'estime pour autant d'un jugement peu sage Son deces mal-heureus : tel dans un lit branslant Va l'ame entre les siens doucement exalant, Qui porte l'infamie emprainte en son courage. L'on ne doit reputer, tant soit-il desastreus Au moins en apparence, autre que bien-heureus Le trespas qui succede à la vie honorable : De quelque mort que soit le juste prevenu En liesse et repos il est entretenu, Mais tousjours le meschant vit et meurt miserable.
Commentaires (2)
Un penseur sobre -------------- Je ne m’investis point dans des projets frivoles, J’attends des arguments quelque peu convaincants ; Je ne convoite pas tous les postes vacants, Si je navigue, c’est avec une boussole. Je parle simplement, sans user d’hyperboles, Ce qui me permet d’être un bon communicant ; J’ai toujours évité d’user d’intoxicants, J’éloigne les prêcheurs usant de fariboles. Si la métaphysique est en vue, je me sauve ; Je ne médite point sur des secrets d’alcôve ; Je ne me plonge point dans les vieux parchemins. Je plaisante parfois, mais c’est en restant digne, Si j’écris à quelqu’un, je pèse chaque ligne ; Je tâche d’être honnête, autant qu’il est humain.
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