Poème
Quand je te voy seule assise à par-toy
Quand je te voy seule assise à par-toy, Toute amusée avecques ta pensée, Un peu la teste encontre bas baissée, Te retirant du vulgaire et de moy : Je veux souvent pour rompre ton esmoy, Te saluer, mais ma voix offensée, De trop de peur se retient amassée Dedans la bouche, et me laisse tout coy. Souffrir ne puis les rayons de ta veuë : Craintive au corps, mon ame tremble esmeuë : Langue ne voix ne font leur action : Seuls mes souspirs, seul mon triste visage Parlent pour moy, et telle passion De mon amour donne assez tesmoignage.
Commentaires (1)
Prélat sans souci --------------------- Face au public qui n’attend rien de toi, Tu parles bien, tu livres ta pensée, La tête haute, ou quelquefois baissée, Tu es conteur (plaisantin, selon moi). Face au public qui t’entend sans émoi, Tu n’as jamais une voix offensée ; Dans ton vieux coeur, ta patience amassée Calme ton âme et te laisse tout coi. Comme ils sont clairs, les rayons de ta vue, Ton âme chante et s’en retrouve émue, Tu nous transmets les paroles d’antan. Dans le jardin, je vois ton franc visage Qui montre bien que ton coeur est content, Sage prélat, maître du témoignage.
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