Poème
Puis qu'ainsi sont mes dures destinees
Puis qu'ainsi sont mes dures destinees, J'en saouleray, si je puis, mon soucy, Si j'ay du mal, elle le veut aussi : J'accompliray mes peines ordonnees. Nymphes des bois, qui avez, estonnees, De mes douleurs, je croy, quelque mercy, Qu'en pensez-vous ? Puis-je durer ainsi, Si à mes maux tresves ne sont donnees ? Or si quelqu'une à m'escouter s'encline, Oyés, et pour Dieu, ce qu'orez je devine : Le jour est prez que mes forces jà vaines Ne pourront plus fournir à mon tourment ; C'est mon espoir ; si je meurs en aimant, A donc, je croy, failliray je à mes peines.
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Tiennot voit des fleurs ----------------------- Tiennot, plaignant sa pauvre destinée, Erre au jardin où fleurit le souci, Et la pensée, et bien d’autres aussi ; Et tout cela, de manière ordonnée. De sa venue ne sont pas étonnées En ce beau jour, les quelques fleurs d’ici ; Ça fait longtemps qu’il les vient voir ainsi, Pour cette paix qu’elles lui ont donnée. La Boétie devant elles s’incline, En murmurant des mots qu’elles devinent, Il le sait bien, ces paroles sont vaines. Ce bel instant soulage son tourment, Il est ainsi, ce malheureux amant, Seul un jardin peut apaiser sa peine.
Poisson qui ne doute de rien -------- Moi qui crois en ma destinée, Je ne me fais aucun souci ; Je suis fort, je suis sage aussi, Ma personne est bien ordonnée. Devant la sirène étonnée Je chasse un démon, sans merci ; Elle rit de me voir ainsi, Son âme en est illuminée. Un ondin devant moi s’incline, Me prêtant des vertus divines Plus une grandeur souveraine;. La sirène en ces beaux moments Veut faire de moi son amant ; Je trouve cette idée obscène.
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