Poème
Ce dict maint un de moy : De quoy se plaint il tant
Ce dict maint un de moy : " De quoy se plaint il tant, Perdant ses ans meilleurs, en chose si legiere ? Qu'a il tant à crier, si encore il espere ? Et, s'il n'espere rien, pour quoy n'est il content ? " Quand j'estois libre et sain, j'en disois bien autant ; Mais certes celuy là n'a la raison entiere, Ains a le coeur gasté de quelque rigueur fiere, S'il se plaint de ma plainte, et mon mal il n'entend. Amour, tout à un coup, de cent douleurs me point : Et puis l'on m'advertit que je ne crie point ! Si vain je ne suis pas que mon mal j'agrandisse, A force de parler : s'on m'en peut exempter, Je quitte les sonnetz, je quitte le chanter Qui me deffend le deuil, celuy là me guerisse.
Commentaires (3)
Tiennot, sache que le temps Rendra ta charge légère ; Il suffit que tu espères, Et ça te rendra content. Tiennot, si tu ne m'entends, C'est que tu es sous la terre ; N'ayant hivers ni printemps, Lentement, tu deviens pierre.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/12/29/tiennot-voit-une-pierre/
Cornu et content ------------- C’est un personnage important, N’en parlons pas à la légère ; De mille agneaux il est le père, Ce bélier, ce sire épatant. J’entends le vieux berger chantant, Je vois sourire la bergère ; Leur chien, c’est un joyeux compère, Avec tout le monde il s’entend. Mangeant de l’herbe, et non du foin, Le bélier prend de l’embonpoint ; Quant aux agnelets, ils grandissent. Les brebis sont près d’enfanter, Le troupeau va bien s’augmenter ; Reproducteur, Dieu te bénisse.
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