Poème
Puis m'apparut une pointe aiguisée
Puis m'apparut une pointe aiguisée D'un diamant de dix pieds en carré, A sa hauteur justement mesuré, Tant qu'un archer pourrait prendre visée. Sur cette pointe une urne fut posée De ce métal sur tous plus honoré : Et reposait en ce vase doré D'un grand César la cendre composée. Aux quatre coins étaient couchés encor Pour piédestal quatre grands lions d'or, Digne tombeau d'une si digne cendre. Las, rien ne dure au monde que tourment ! Je vis du ciel la tempête descendre, Et foudroyer ce brave monument.
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Puis la licorne, en reine déguisée, Attend le roi dans son grand lit carré. Son coeur qui bat d’amour démesuré Conçoit en lui les plus hautes visées. Sur l’oreiller sa crinière est posée, Guettant l’entrée du monarque honoré ; La chambre baigne en ces reflets dorés Et en fragrance hardiment composée. Aux quatre coins du lit, des pommes d’or, Un élément naïf dans le décor Auquel, lecteur, tu peux bien condescendre. Le roi, pourtant, n’est point là. Quel tourment, La longue nuit qu’elle passe à l’attendre ; Chez la marquise, il soupe, ce gourmand.
''Je suis plein du silence assourdissant d'aimer.'' Louis Aragon cité l'autre jour par Jean d'Ormesson.
Amphore du barde ------------ La belle amphore, à peine utilisée, D’aise a comblé notre barde adoré ; Ce récipient richement décoré, Il lui consacre une ode improvisée. En évidence elle fut disposée, Son donateur en est fort honoré ; Le soleil luit sur ses motifs dorés, L’ombre s’étend sur la face opposée. Une potion qui rafraîchit le corps Inspire au barde un merveilleux accord, Qui du plus haut des cieux semble descendre. Le noble chef en oublie ses tourments, Il se délecte en ce qu’il vient d’entendre ; Il dit au barde « Ici tout est charmant ».
https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/11/10/la-licorne-en-reine-deguisee/
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