Poème
Promenade nocturne
Allons, la belle nuit d’été. ALFRED DE MUSSET. C’était par un beau soir, par un des soirs que rêve Au murmure lointain d’un invisible accord Le poète qui veille ou l’amante qui dort. VICTOR PAVIE. La rosée arrondie en perles Scintille aux pointes du gazon ; Les chardonnerets et les merles Chantent à l’envi leur chanson ; Les fleurs de leurs paillettes blanches Brodent le bord vert du chemin ; Un vent léger courbe les branches Du chèvrefeuille et du jasmin ; Et la lune, vaisseau d’agate, Sur les vagues des rochers bleus S’avance comme la frégate Au dos de l’Océan houleux. Jamais la nuit de plus d’étoiles N’a semé son manteau d’azur, Ni, du doigt entr’ouvrant ses voiles, Mieux fait voir Dieu dans le ciel pur. Prends mon bras, ô ma bien-aimée, Et nous irons, à deux, jouir De la solitude embaumée, Et, couchés sur la mousse, ouïr Ce que tout bas, dans la ravine Où brillent ses moites réseaux, En babillant, l’eau qui chemine Conte à l’oreille des roseaux.
Commentaires (2)
Les roseaux sont un peu bavards ; Si le poète avec la muse En leur voisinage s'amuse, Ils en parleront aux canards, Aux écureuils et aux renards, À la hulotte et à la buse. Car les roseaux n'ont nulle ruse, La forêt leur est boulevard ; Ils ont rendu public, hélas, Le handicap du roi Midas Qu'il ne voulait dire à personne ; Gentille muse, vieux conteur, Allez plutôt sur la hauteur Qui d'aucune voix ne résonne.
Mille mots sans ambage Pour défier ta rage ! En 1 clivant secret Pour 1 charmant trépas ? Pour de vilains appâts ? Donne donc leur la clé __
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