Poème
Prologue
par Paul VERLAINE
En route, mauvaise troupe ! Partez, mes enfants perdus ! Ces loisirs vous étaient dus : La Chimère tend sa croupe. Partez, grimpés sur son dos, Comme essaime un vol de rêves D'un malade dans les brèves Fleurs vagues de ses rideaux. Ma main tiède qui s'agite Faible encore, mais enfin Sans fièvre, et qui ne palpite Plus que d'un effort divin, Ma main vous bénit, petites Mouches de mes soleils noirs Et de mes nuits blanches. Vites, Partez, petits désespoirs, Petits espoirs, douleurs, joies, Que dès hier renia Mon coeur quêtant d'autres proies. Allez, 'aegri somnia'.
Commentaires (1)
velut aegri somnia, vanae Finguntur species * * Comme des songes de malade Se forgent de vaines chimères (Horace, Art Poétique, 7) * * La fièvre engendre des formes Qui bafouent toutes les normes...
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