Poème
Allégorie
par Paul VERLAINE
Despotique, pesant, incolore, l'Eté, Comme un roi fainéant présidant un supplice, S'étire par l'ardeur blanche du ciel complice Et bâille. L'homme dort loin du travail quitté. L'alouette au matin, lasse, n'a pas chanté, Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse Ou ride cet azur implacablement lisse Où le silence bout dans l'immobilité. L'âpre engourdissement a gagné les cigales Et sur leur lit étroit de pierres inégales Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus. Une rotation incessante de moires Lumineuses étend ses flux et ses reflux... Des guêpes, çà et là, volent, jaunes et noires.
Commentaires (5)
Nuage égaré ------- En ayant cru planer vers un beau ciel d’été, J’ai franchi le miroir, comme le fit Alice ; Dans un air refroidi, péniblement, je glisse, J’ai presque l’impression que je suis arrêté. Je me demande en quoi ma vie va consister Dans ce fol univers imprégné de malice ; Si c’est Dieu qui le veut, je boirai ce calice En lui offrant les pleurs de mon coeur attristé. Moi, j’aimerais revoir le pays des cigales Dont je regrette bien la douceur sans égale ; Je m’en suis éloigné, mais sans l’avoir voulu. Merci à vous d’avoir écouté mon histoire, Le candide récit d’un bonheur révolu ; Je commence à présent mon temps de purgatoire.
Friandise inconnue ---- Saveur des nuages, Je n'en ai jamais goûté, Donc, je l'imagine.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2020/03/11/danse-avec-les-nuages/
...ainsi que https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/13/piaf-tonnerre-et-les-nuages/
Porte vers l’été ------------- Porte admirable, en vérité, S’ouvrant vers le monde d’Alice ; Au ciel un blanc nuage glisse, Qui jamais ne peut s’arrêter. Nul chagrin ne doit subsister Dans cet univers sans malice ; Suave est le vin du calice, Quel bonheur de le déguster ! On fait la fête, on se régale, Notre pitance est sans égale ; Ce sont les dieux qui l’ont voulu. Notre été sera sans histoires, Car nos ennuis sont révolus ; Adieu donc, sombre purgatoire.
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