Poème
Printemps
Ô mélodie de la sève qui dans les instruments de tous ces arbres s'élève -, accompagne le chant de notre voix trop brève. C'est pendant quelques mesures seulement que nous suivons les multiples figures de ton long abandon, ô abondante nature. Quand il faudra nous taire, d'autres continueront... Mais à présent comment faire pour te rendre mon grand coeur complémentaire ?
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Vent qui chante ---------------- Le grand vent qui s'élève A pris pour instruments Les vieux arbres sans sève ; J'accompagne son chant. Qui donne la mesure Forte que nous suivons ? Qui montre les figures Simples que nous dansons ? Quand il semble se taire, Le jardin parle et rit ; Ils n'ont si belle terre, Ces messieurs de Paris.
Feuille sans sève ----------------- Un arbre avait tout mon amour, Le tronc, la branche, la brindille ; C’était là ma vie de famille, Mais ça n’a pas duré toujours. Maintenant je dors dans la cour, Je me change en triste guenille ; Le soleil bien faiblement brille, Ma triste route est sans retour. Où sont les fleurs et la rosée ? Tant de choses décomposées, Qu’arrive-t-il à l’univers ? -- Ne crains donc rien, feuille candide, Cette saison n’est point sordide ; Ça vient tous les ans, c’est l’hiver.
* * * ---- L’hiver de nos vies Ne va pas vers le printemps, Nous n’y pouvons rien.
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