Poème
Presque berger
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Virgiliennes
Les Brises ont brui comme des litanies Et la flûte s'exile en molles aphonies. Les grands bœufs sont rentrés. Ils meuglent dans l'étable Et la soupe qui fume a réjoui la table. Fais ta prière, ô Pan ! Allons au lit, mioche, Que les bras travailleurs se calment de la pioche. Le clair de lune ondoie aux horizons de soie: O sommeil ! donnez-moi votre baiser de joie. Tout est fermé. C'est nuit. Silence... Le chien jappe. Je me couche. Pourtant le Songe à mon cœur frappe. Oui, c'est délicieux, cela, d'être ainsi libre Et de vivre en berger presque... Un souvenir vibre En moi... Là-bas, au temps de l'enfance, ma vie Coulait ainsi, loin des sentiers, blanche et ravie !
Commentaires (2)
Le poète interrompt l'interne litanie Pour suivre des oiseaux l'ardente symphonie. Ils font, à deux, à trois, des accords redoutables Ou des éclats de voix, comme des gens à table, Comme en récréation une bande de mioches, Une note qui vole, une note qui pioche, Ils ont des becs d'acier, des plumages de soie, Font des soupirs d'amour, des gloussements de joie, Des bruits de petit chat ou d'animal qui jappe, Une note qui danse, une note qui frappe. Jamais de partition, improvisation libre, Une note qui dort, une note qui vibre, Une note qui dit la douceur de la vie Quand par cette musique elle est prise, et ravie.
[...] en ses pleurs la petite sirène ; Quand le grand vent d’automne a fait l’arbre vermeil, Murmure le feuillage avant son grand [...]
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