Poème
Les Petits Oiseaux
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Virgiliennes
Puisque Ruscrock m'enseigne À moi, dont le coeur saigne Sur tout ce qui se baigne Dans le malheur, À vous aimer, j'élève Ma pensée à ce rêve; De nous faire une grève Avec mon coeur. Là donc, oiseaux sauvages, Contre tous les ravages, Vous aurez vos rivages Et vos abris Colombes, hirondelles, Entre mes mains fidèles, Oiseaux aux clairs coups d'ailes Ô colibris ! Sûrs vous pourrez y vivre Sans peur des soirs de givre, Où sous l'astre de cuivre, Morne flambeau ! Souventes fois, cortège Qu'un vent trop dur assiège, Vous trouvez sous la neige Votre tombeau. Protégés sans relâche, Ainsi contre un plomb lâche, Quand je clorai ma tâche, Membres raidis; Vous, par l'immense voûte Me guiderez sans doute, Connaissant mieux la route Du Paradis !
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