Poème
Pour Ignace Paderewski
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Les Pieds sur les Chenets
Maître, quand j’entendis, de par tes doigts magiques, Vibrer ce grand Nocturne, à des bruits d’or pareil ; Quand j’entendis, en un sonore et pur éveil, Monter sa voix, parfum des astrales musiques ; Je crus que, revivant ses rythmes séraphiques Sous l’éclat merveilleux de quelque bleu soleil, En toi, ressuscité du funèbre sommeil, Passait le grand vol blanc du Cygne des pthisiques. Car tu sus ranimer son puissent piano, Et ton âme à la sienne en un mystique anneau S’enchaîne étrangement par des causes secrètes. Sois fier, Paderewski, du prestige divin Que le ciel te donna, pour que chez poètes Tu fisses frissonner l’âme du grand Chopin !
Commentaires (1)
Cochon-dinde ---------------- Le petit cochon-dinde a des pouvoirs magiques : Puisque ses deux parents ne furent point pareils, Plus que l'un, plus que l'autre, il a connu l'éveil, Douceur du chant porcin, dindonnesque musique. Je vous remercie donc, géniteurs séraphiques, Pour vos rapprochements sous un ardent soleil, Ou volant, par les nuits, des instants au sommeil, Car la diversité, c'est chose bénéfique. C'était, peut-être, au son d'un tardif piano, Lorsqu'une âme à une autre en un mystique anneau Se soude par l'effet d'une alchimie secrète. Les dindes vont au ciel, et les porcs sont divins ; Si leur accouplement, presque toujours, est vain, Quelquefois, il en sort un animal-poète.
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