Poème
Paysages Belges
par Paul VERLAINE
Briques et tuiles, O les charmants Petits asiles Pour les amants ! Houblons et vignes, Feuilles et fleurs, Tentes insignes Des francs buveurs ! Guinguettes claires, Bières, clameurs, Servantes chères A tous fumeurs ! Gares prochaines, Gais chemins grands... Quelles aubaines, Bons juifs-errants !
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Vacanciers de jadis ------------------- La voie ferrée, entre deux toits de tuile, Suit un parcours que je trouve charmant ; Compartiments, vous fûtes mes asiles Lorsque j'étais un bien timide amant. Devers Bordeaux est la terre de vignes, À Bègles sont les grands pommiers en fleurs ; Ce sont pays que mon coeur trouve dignes D'être habités par de nobles buveurs. Nous partirons aux vacances prochaines, Mais le trajet ne sera pas bien grands ; Juste de quoi détendre un peu nos chaînes, Juste de quoi nous croire des errants.
Au rouge firmament, j’ai volé, plein de joie ; Au bout de peu d’instants, j’ai dû lui dire adieu, J’ai fait la découverte, alors, d’un autre lieu Où la mélancolie au ciel d’argent se noie. Mais, vers le ciel de sable, en poursuivant ma voie, En mon coeur, j’ai senti que renaissait le feu De mes folles amours, dont il restait si peu ; Merci à Cupidon qui cette flamme envoie. S’il ne me touche plus de ses amoureux traits, Il les lance toujours, qui me frôlent de près, J’en ai donc le plaisir, sans me mettre en servage. Telle est la condition où maintenant je suis : Les fées, dans mon jardin, boivent l’eau de mon puits ; Avec elles, je bois, mais mon coeur reste sage.
Beaucoup de joie encore à vous! et de poésie.
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