Poème
Pardon, Amour, Pardon : ô seigneur, je te voüe
Pardon, Amour, Pardon : ô seigneur, je te voüe Le reste de mes ans, ma voix et mes escris, Mes sanglots, mes souspirs, mes larmes et mes cris : Rien, rien tenir d'aucun que de toy, je n'advoüe. Helas ! comment de moy ma fortune se joue ! De toy, n'a pas long temps, Amour, je me suis ris : J'ay failly, je le voy, je me rends, je suis pris ; J'ay trop gardé mon coeur ; or je le desadvoüe. Si j'ay, pour le garder, retardé ta victoire, Ne l'en traite plus mal : plus grande en est ta gloire ; Et si du premier coup tu ne m'as abbattu, Pense qu'un bon vainqueur, et n'ay pour estre grand, Son nouveau prisonnier, quand un coup il se rend, Il prise et l'ayme mieux, s'il a bien combatu.
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Ambiméduse ----------------- La rouge Ambiméduse à l’alchimie se voue ; Du maître Paracelse ayant lu les écrits, Coupant la mandragore en dépit de ses cris, Elle sait transmuter mieux que moi, je l’avoue. Au fil des longues nuits, sa fortune se joue ; Un bocal de graviers devient un bol de riz, Un vieux sabot se change en vaisseau d’un grand prix, Ce sont là des succès que nul ne désavoue. Dès demain, surpassant ces petites victoires, Elle accomplira l’Oeuvre, et connaîtra la gloire ; Son génie inventif ne peut être abattu. Son coeur est endurant, dont la sagesse est grande ; De la pierre magique elle fera l’offrande Au fier guerrier, jadis par elle combattu.
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