Poème
Ombres
par Esther GRANEK
Quand mes pensées s’arrêtent Et figent les instants Quand en moi se répètent D’autres lieux d’autres temps Quand d’un mot d’une phrase S’estompe le décor Et quand un ange passe D’ennui ou de remords… Je cours après mon ombre Et nul ne sait Quand la folle nature Me fait de grands cadeaux Quand d’une fleur d’un murmure Me vient comme un écho Quand soudain souvenances Vont s’accrochant aux heures Et quand réminiscences M’emplissent de langueur Je cours après mon ombre Et nul ne sait Quand mes pensées s’arrêtent Et figent mes pensées Quand en moi se projettent Appréhensions rentrées Quand le temps et ses traces Me gavent de frayeurs Et quand je les ressasse Ricanant de mes peurs… Je cours après mon ombre Et nul ne sait Quand les jours en dérive Se taisent infiniment Quand l’image s’esquive Et se couvre d’un blanc Quand les anges s’éloignent Et n’en ai chaud ni froid Et quand regrets me gagnent D’en être sans émoi… Je cours après mon ombre Et nul ne sait 1981
Commentaires (2)
Nul ne le sait ---------- Je contemple un motif De la tapisserie ; Mon coeur, répétitif, Frappe sa batterie... Est-ce, ou non, important ? Nul ne le sait, pourtant. Je construis une phrase Pour bâtir un décor ; J'établis une base Et mon texte prend corps. Et ça parle de quoi ? Nul ne le sait, ma foi. Je vais dans la nature Entendre les échos ; J'en ferai la peinture, Et ce sera fort beau. Mais, en quelles couleurs ? Nul ne le sait, mon coeur.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/10/13/nul-ne-le-sait/
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