Poème
Ode secrète
par Paul VALÉRY
Chute superbe, fin si douce, Oubli des luttes, quel délice Que d’étendre à même la mousse Après la danse, le corps lisse! Jamais une telle lueur Que ces étincelles d’été Sur un front semé de sueur N’avait la victoire fêté! Mais touché par le Crépuscule, Ce grand corps qui fit tant de choses, Qui dansait, qui rompit Hercule, N’est plus qu’une masse de roses! Dormez, sous les pas sidéraux, Vainqueur lentement désuni, Car l’Hydre inhérente au héros S’est éployée à l’infini... Ô quel Taureau, quel Chien, quelle Ourse, Quels objets de victoire énorme, Quand elle entre aux temps sans ressource L’âme impose à l’espace informe! Fin suprême, étincellement Qui, par les monstres et les dieux, Proclame universellement Les grands actes qui sont aux Cieux!
Commentaires (2)
[...] de l’automne et de l’hiver. Le second est une poésie de Paul Valéry, Ode Secrète (à lire ou relire ici). Le dernier, un clin d’oeil à la bougie (où l’on trouve qui plus est les [...]
Ornithocéros ------------- Il chante avec une voix douce, Sa compagnie est un délice ; Il fait un grand nid tout en mousse Et, pendant quatre jours, le lisse. Sitôt la première lueur, Dès l'aube d'un long jour d'été, Cet oiseau verse sa sueur Pour finement le colmater. Or, touché par le crépuscule, Il ne peut plus faire grand-chose : D'ailleurs, ce n'est pas un Hercule, Ce n'est qu'un diable à langue rose !
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