Poème
Intérieur
par Paul VALÉRY
Une esclave aux longs yeux chargés de molles chaînes Change l’eau de mes fleurs, plonge aux glaces prochaines, Au lit mystérieux prodigue ses doigts purs; Elle met une femme au milieu de ces murs Qui, dans ma rêverie errant avec décence, Passe entre mes regards sans briser leur absence, Comme passe le verre au travers du soleil, Et de la raison pure épargne l’appareil.
Commentaires (1)
Dernier sourire d'un prophète. ---------------------------- -- Bourreau, pour un instant, je retire mes chaînes, Et je contemple en moi l'obscurité prochaine... Elle a fait le bon choix, la fille au regard pur, J'en avais bien assez d'être au coeur de ces murs. On dit qu'elle a dansé avec une indécence Qui toujours se mêlait d'une vive élégance ; À cause de son voeu, je revois le soleil, Ainsi que son reflet dans ce plat de vermeil... Disciples, quel bonheur, si vous me récitiez Les mots de mon cousin, le fils du charpentier... Bourreau, n'écoute pas, je ne suis plus prophète, Tu vas trancher le chef d'un insouciant poète.
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