Poème
L'abeille
par Paul VALÉRY
A Francis De Miomandre. Quelle, et si fine, et si mortelle, Que soit ta pointe, blonde abeille, Je n’ai, sur ma tendre corbeille, Jeté qu’un songe de dentelle. Pique du sein la gourde belle, Sur qui l’Amour meurt ou sommeille, Qu’un peu de moi-même vermeille, Vienne à la chair ronde et rebelle! J’ai grand besoin d’un prompt tourment: Un mal vif et bien terminé Vaut mieux qu’un supplice dormant! Soit donc mon sens illuminé Par cette infime alerte d’or Sans qui l’Amour meurt ou s’endort!
Commentaires (5)
Ronsard : Le petit enfant Amour Cueillait des fleurs à l'entour D'une ruche, où les avettes Font leurs petites logettes. Comme il les allait cueillant, Une avette sommeillant Dans le fond d'une fleurette Lui piqua la main douillette. Sitôt que piqué se vit, « Ah, je suis perdu ! » ce dit, Et, s'en courant vers sa mère, Lui montra sa plaie amère ; « Ma mère, voyez ma main, Ce disait Amour, tout plein De pleurs, voyez quelle enflure M'a fait une égratignure ! » Alors Vénus se sourit Et en le baisant le prit, Puis sa main lui a soufflée Pour guérir sa plaie enflée. « Qui t'a, dis-moi, faux garçon, Blessé de telle façon ? Sont-ce mes Grâces riantes, De leurs aiguilles poignantes ? --Nenni, c'est un serpenteau, Qui vole au printemps nouveau Avecques deux ailerettes Ça et là sur les fleurettes. --Ah ! vraiment je le connois, Dit Vénus ; les villageois De la montagne d'Hymette Le surnomment Mélissette. Si doncques un animal Si petit fait tant de mal, Quand son alène époinçonne La main de quelque personne, Combien fais-tu de douleur, Au prix de lui, dans le coeur De celui en qui tu jettes Tes amoureuses sagettes ? » * * * * (L'Amour piqué par une abeille)
Eh oui! Valéry et Ronsard, inspirés et sensuels...
Poésies précieuses.
Rêveuses azurées -------------------- Leurs armes ne sont pas mortelles, Ce sont les avettes d’azur ; De leur ruche aux fragiles murs, L’architecture est en dentelle. Choisissant la fleur la plus belle, Pour qui l’Amour s’est montré dur, En ont fait le miel le plus pur ; Jamais elles ne sont rebelles. Elles ignorent les tourments De la saison qui se termine, Car l’hiver se passe en dormant. La nuit d’un songe s’illumine ; Elles y sont avettes d’or, Et puis chacune se rendort.
Comment je peux faite un analyse clair de poème l'abeille
Connecte-toi pour laisser un commentaire.