Poème
Ô vous, maudits sonnets, vous qui printes l'audace
Ô vous, mauditz sonnetz, vous qui prinstes l'audace De toucher à Madame ! ô malings et pervers, Des Muses le reproche, et honte de mes vers ! Si je vous feis jamais, s'il fault que je me face Ce tort de confesser vous tenir de ma race, Lors, pour vous, les ruisseaux ne furent pas ouverts D'Apollon le doré, des Muses aux yeulx verts ; Mais vous receut naissants Tisiphone en leur place. Si j'ay oncq quelque part à la posterité, Je veulx que l'un et l'aultre en soit desherité. Et si au feu vengeur dez or je ne vous donne, C'est pour vous diffamer : vivez, chetifz, vivez ; Vivez aux yeulx de tous, de tout honneur privez ; Car c'est pour vous punir, qu'ores je vous pardonne.
Commentaires (1)
Poisson presque intrépide ---------- Ce beau petit poisson ne manque point d’audace, Depuis la nuit des temps vivant en liberté ; Il visite les lieux par d’autres désertés, Lui qui dans l’océan sait se faire une place. S’il voit un prédateur, il le regarde en face, Il est, en ces instants, plein de sérénité ; Il se montre vaillant sans nulle vanité, Car, si vous le flattez, ça le laisse de glace. C’est un bon compagnon, ce petit poisson blanc, D’une armure vêtu, qui brille sur ses flancs ; Ce n’est point de sitôt que nous le ferons frire. Agréable est sa veille et plaisant son sommeil, Dans lequel il nous dit rêver de fruits vermeils ; Je suis presque certain qu’il dit cela pour rire.
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