Poème
Ô que tu es heureux, si tu connais ton heur
Ô que tu es heureux, si tu connais ton heur, D'être échappé des mains de cette gent cruelle, Qui sous un faux semblant d'amitié mutuelle Nous dérobe le bien, et la vie, et l'honneur ! Où tu es, mon Dagaut, la secrète rancoeur, Le soin qui comme une hydre en nous se renouvelle, L'avarice, l'envie, et la haine immortelle Du chétif courtisan n'empoisonnent le coeur. La molle oisiveté n'y engendre le vice, Le serviteur n'y perd son temps et son service, Et n'y médit-on point de cil qui est absent : La justice y a lieu, la foi n'en est bannie, Là ne sait-on que c'est de prendre à compagnie, A change, à cense, à stock, et à trente pour cent.
Commentaires (1)
Un peu sage et presque fou ---------- Ce vieillissant cochon, le monde est, à ses yeux, Comme un grand réservoir de sagesse immortelle ; Ses paroles jamais ne font dans la dentelle, Même, il peut se moquer de l’enfer et des cieux Nous lui disons souvent que se taire vaut mieux Que tenir des propos dignes d’un infidèle ; Il nous répond qu’il prend Diogène pour modèle, Celui qui méprisait les nobles et les dieux. Certains traitent ce porc de faiseur de poèmes, Lui qui ne fut jamais auteur d’un théorème ; De sa plume il nous sort des mots d’un autre temps. Ses amours de jadis, il les passe en revue, Mais de toute rancoeur son âme es dépourvue ; Car Cuoidon le laisse en paix depuis longtemps.
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