Poème
Ô beaux cheveux d'argent mignonnement retors
Ô beaux cheveux d'argent mignonnement retors ! Ô front crêpe et serein ! et vous, face dorée ! Ô beaux yeux de cristal ! ô grand bouche honorée, Qui d'un large repli retrousses tes deux bords ! Ô belles dents d'ébène ! ô précieux trésors, Qui faites d'un seul ris toute âme enamourée ! Ô gorge damasquine en cent plis figurée ! Et vous, beaux grands tétins, dignes d'un si beau corps ! Ô beaux ongles dorés ! ô main courte et grassette ! Ô cuisse délicate ! et vous, jambe grossette, Et ce que je ne puis honnêtement nommer ! Ô beau corps transparent ! ô beaux membres de glace ! Ô divines beautés ! pardonnez-moi, de grâce, Si, pour être mortel, je ne vous ose aimer.
Commentaires (5)
Orpailleur de mai ------------------ Si tu ne le sais pas, l’orpailleur est retors ! Il peut analyser la poussière dorée; Il excelle à filtrer cette source honorée En se tenant tantôt sur l’un et l’autre bord. Il est intelligent, ce chasseur de trésors Auxquels il consacra son âme enamourée; La chance est pour longtemps en son coeur figurée, Il aime les métaux, qui sont de nobles corps. Il mange ce qu’il veut, ce n’est pas un ascète ; Il range une pépite au fond d’une cassette, D’un minerai brillant qu’il ne sait pas nommer. Si la rivière était recouverte de glace, Il attendrait, patient, que le flux se déplace; Le hasard sablonneux, c’est ce qu’il ose aimer.
Zoom and Unzoom -------------------- C’est le changeur d’échelle, il est assez retors. Il agrandit souvent les images dorées Qui dans les lieux sacrés sont par nous honorées, Tant les dilate-t-il qu’on n’en voit plus les bords. Or, de mainte vignette, il exhume un trésor Dont se trouve aussitôt la foule enamourée ; D’autres fois, les beautés richement figurées Dans le moindre détail nous dévoilent leur corps. Il divertit les rois, il instruit les ascètes ; Plus d’un marquis pour lui puise dans sa cassette, Même, comme ministre on l’a voulu nommer. Mais il s’amuse avec les reflets dans la glace Dont, à sa volonté, les contours se déplacent ; Pour faire un tel métier, sans doute, il faut l’aimer.
Innocuité du goupil d’argent --------- Ce vieux goupil n’est pas un animal retors, Il ne regrette point sa jeunesse dorée ; Sa vie, qui jadis fut vivement colorée, A maintenant pour cadre un modeste décor.. Lui, qui dans ses métiers n’a gagné nul trésor, A fait en maints endroits d’amusantes virées ; Une muse parfois, par son verbe attirée, Voulut bien lui donner un peu de réconfort. Ce paisible goupil jamais ne fut ascète, Cela n’est même pas l’une de ses facettes ; S’il eut quelques talents, ils furent clairsemés. Il laisse un peu courir sa plume jamais lasse Qui sur le blanc papier lentement se déplace , Son coeur va révisant les temps du verbe aimer.
Prendre le frais en Sibérie ----- Le renard polaire Se boit un whisky-Perrier Avec des glaçons.
Senryû du vinosaure d’argent -------- Dis-nous quelques blagues, Cher vinosaure d’argent, Nous les retiendrons.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.