Poème
Nous côtoyons la fleur…
Nous côtoyons la fleur, le fruit, la vigne, et la saison n’est pas leur seul langage. De l’ombre monte une évidence coloriée qui a l’éclat, peut-être, de la jalousie des morts dont se nourrit la terre. Mais savons-nous quel est leur rôle en tout cela ? Depuis longtemps c’est leur manière de traverser le sol de cette libre moelle. Mais savoir : le font-ils de leur plein gré ? Ce fruit, œuvre de lourds esclaves, se tend-il vers nous, maîtres, comme un poing serré ? Sont-ils les maîtres qui près des racines dorment, et, de leur superflu, daignent nous accorder cet entre-deux muet de force et de baisers ?
Commentaires (2)
(texte d'origine) Wir gehen um mit Blume, Weinblatt, Frucht. Sie sprechen nicht die Sprache nur des Jahres. Aus Dunkel steigt ein buntes Offenbares und hat vielleicht den Glanz der Eifersucht der Toten an sich, die die Erde stärken. Was wissen wir von ihrem Teil an dem? Es ist seit lange ihre Art, den Lehm mit ihrem freien Marke zu durchmärken. Nun fragt sich nur: tun sie es gern?... Drängt diese Frucht, ein Werk von schweren Sklaven, geballt zu uns empor, zu ihren Herrn? Sind sie die Herrn, die bei den Wurzeln schlafen, und gönnen uns aus ihren Überflüssen dies Zwischending aus stummer Kraft und Küssen?
Voir aussi https://johnjosephlyons.com/2020/01/04/sonnets-to-orpheus-sonnet-14/
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