Poème
Ne ris point des sonnets, ô Critique moqueur...
par Charles-Augustin SAINTE-BEUVE
Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme
IMITÉ DE WORDSWORTH. Ne ris point des sonnets, ô Critique moqueur ! Par amour autrefois en fit le grand Shakespeare ; C’est sur ce luth heureux que Pétrarque soupire, Et que le Tasse aux fers soulage un peu son cœur ; Camoens de son exil abrége la longueur, Car il chante en sonnets l’amour et son empire ; Dante aime cette fleur de myrte, et la respire, Et la mêle au cyprès qui ceint son front vainqueur ; Spenser, s’en revenant de l’île des féeries, Exhale en longs sonnets ses tristesses chéries ; Milton, chantant les siens, ranimait son regard : Moi, je veux rajeunir le doux sonnet en France ; Du Bellay, le premier, l’apporta de Florence, Et l’on en sait plus d’un de notre vieux Ronsard.
Commentaires (1)
Plume inlassable -------------------- Je me tiens à ma table ainsi qu'un chroniqueur ; Je bichonne à loisir mes textes qui s'allongent, Créant un monde heureux dans lequel je me plonge, Où tout se manifeste et vit selon mon coeur. J'entends le rossignol et le merle moqueur Qui demandent pourquoi, sur des mots, je me ronge ; Mais vous, gentils oiseaux, ne dites-vous vos songes Au peuple des guérets, à cet aimable choeur ? Votre voix, au bocage, habilement balance De sonores éclats et des temps de silence ; Comme vous, je m'exprime (en faisant moins de bruit). Comme vous, j'aime avoir une simple tribune Où je me tiens le jour ; et, dès que vient la nuit, Je déclame un beau vers pour amuser la lune.
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