Poème
Montebello
Pittoresque manoir, retraite hospitalière Où Papineau vaincu coula ses derniers jours, J’aime à revoir tes murs, ta terrasse, tes tours Secouant au soleil leur panache de lierre. Qui suit de tes sentiers la courbe irrégulière, En s’égarant sous bois, s’imagine toujours Voir, dans le calme ombreux de leurs secrets détours, Glisser du grand tribun l’image familière. Car il vit tout entier ici ― dans chaque objet ; Il aimait ce fauteuil, cet arbre l’ombrageait ; Tout nous parle de lui, tout garde sa mémoire ; Et, pour suprême attrait, sur ce seuil enchanté, Le cœur tout grand ouvert, la Grâce et la Beauté Ajoutent leur prestige aux souvenirs de gloire. (1885)
Commentaires (1)
Futur domicile --------------------- En rêve j'aperçois la hutte hospitalière Où je savourerai les derniers de mes jours ; Ni un vaste palais, ni le haut d'une tour, Mais, domaine modeste, une maison de pierre. La construction en est assez irrégulière ; De la trouver si stable, on s'étonne toujours. Les couloirs n'y font pas d'angles ni de détours, Les murs y sont ornés d'images familières. Les meubles n'y sont pas surencombrés d'objets, C'est la maison d'un gars qui n'a plus de projets ; Ou, tout au plus, celui d'explorer sa mémoire Pour y trouver l'écho de ces jours enchantés Où d'étranges chemins, d'ailleurs peu fréquentés, Lui firent découvrir des lieux jubilatoires.
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