Poème
Mon cadavre est doux comme un gant...
Mon cadavre est doux comme un gant Doux comme un gant de peau glacée Et mes prunelles effacées Font de mes yeux des cailloux blancs. Deux cailloux blancs dans mon visage, Dans le silence deux muets Ombrés encore d’un secret Et lourds du poids mort des images. Mes doigts tant de fois égarés Sont joints en attitude sainte Appuyés au creux de mes plaintes Au nœud de mon cœur arrêté. Et mes deux pieds sont les montagnes, Les deux derniers monts que j’ai vus À la minute où j’ai perdu La course que les années gagnent. Mon souvenir est ressemblant, Enfants emportez-le bien vite, Allez, allez, ma vie est dite. Mon cadavre est doux comme un gant. 1939
Commentaires (1)
Quel dommage que personne ne l'a ajouté parmi ses favoris! Ce poème possède une intensité délicate qui me touche chaque fois que je le revisite. Ses images insolites et belles me frappe encore. Peut-être parce que je entends toujours sous les mots l'arrangement évocateur de Poulenc.
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