Poème
À l’envers de ma porte
Ma peur bleue, ma groseille, L’amour est une abeille Qui me mange le cœur Et bourdonne à ma bouche Que tu nourris et touches Des baisers du malheur. Mon ange sans oreilles, Ma peur bleue, ma groseille, Ne viendras-tu jamais À l’envers de ma porte ? Es-tu de cette sorte Ange sourd et muet ? Tes mains sans teint, polies Au jeu de tes folies, Se mouillent à mes yeux Et tu ris de ces fleuves Où naviguent mes vœux Parmi tes robes neuves. Ne me donneras-tu Que ton chapeau pointu À porter ma sorcière, Et nul autre baiser Que ces nids de danger Et ces ruches entières ? Ne me permets-tu pas De t’enlever tes bas À l’envers de ma porte ? Je veux voir tes pieds nus Et les abeilles mortes Du bonheur revenu. Mon ange sans oreilles, Ma peur bleue, ma groseille Posée sur mes désirs, Ma chambre est grande ouverte Que coupe l’allée verte Par où tu dois venir. Ma peur bleue, ma groseille, Viens à fleur de mes veilles Et que tombe le jour À l’envers de ma porte. Et que le vent emporte Le chemin du retour 1939
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Le vent aime toucher des feuilles, Qu’elles soient d’orme ou de bouleau; Il lui suffit que l’arbre veuille De l’amour qu’il déverse à flots. * Le vent est déjà marié Chez lui à un beau pâturage, Mais ses plaisirs veut varier Avant d’atteindre le grand âge. * L’arbre souvent adore ça, Qu’on vienne lui chanter chansons, Et longtemps du vent qui passa Se remémore le frisson. * C’est d’ennui que le vent soupire Aux branches de bois frémissant, Et quelques jours plus tard, c’est pire, Ils sont tous les deux languissants. * S’il ne tenait à ses racines, L’arbre serait parti ailleurs; Et cet ennui qui l’assassine Lui fait dire des mots railleurs. * Alors le vent, plein de colère, Couche cet arbre brusquement: Ce qui a cessé de nous plaire Cause notre ressentiment. * Un arbre à terre, d’autres restent Qui désirent un coup de vent, Qui pas encore ne détestent Ces caresses d’un bon vivant. * Prenez garde, arbres qui se bercent Au souffle du vent amoureux… Vous tomberez à la renverse Et vous en serez malheureux.
Parfois la tourmente et la bourrasque Viennent enivrer le rêve fantasque _ Parfois le vent amoureux Rend aussi heureux -
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