Poème
Michel-Ange
Certe, il était hanté d'un tragique tourment, Alors qu'à la Sixtine et loin de Rome en fêtes, Solitaire, il peignait Sibylles et Prophètes Et, sur le sombre mur, le dernier jugement. Il écoutait en lui pleurer obstinément, Titan que son désir enchaîne aux plus hauts faîtes, La Patrie et l'Amour, la Gloire et leurs défaites ; Il songeait que tout meurt et que le rêve ment. Aussi ces lourds Géants, las de leur force exsangue, Ces Esclaves qu'étreint une infrangible gangue, Comme il les a tordus d'une étrange façon ; Et dans les marbres froids où bout son âme altière, Comme il a fait courir avec un grand frisson La colère d'un Dieu vaincu par la Matière !
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Souvenirs de classe prépa ------------------------------------ Pantalon de sinople et chandail d’azur sombre, Un étudiant rêveur dialogue avec son ombre ; Il se tient tout le jour immobile et songeur, Un fier bouffon d’argent épinglé sur son coeur. Un maître lui apprend à maîtriser les nombres : Souvent, quand vient le soir, son esprit s’en encombre, Calculs sans solution, bataille sans vainqueur, Car cet art numérique a des traits ravageurs. Il insiste pourtant, puis au prof rend la feuille. Le maître, en la lisant, quelque peu se recueille, Et dit : -- Ce que je vois est un peu décevant. Or, pour donner congé à ces équations vaines, Il part se promener sur les bords de la Seine, Comme fit autrefois Cosinus, le savant.
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