Poème
Mazurka
par Émile NELLIGAN
Émile Nelligan et son œuvre - Les Pieds sur les Chenets
Rien ne captive autant que ce particulier Charme de la musique où ma langueur s'adore, Quand je poursuis, aux soirs, le reflet que mordore Maint lustre au tapis vert du salon familier. Que j'aime entendre alors, plein de deuil singulier, Monter du piano, comme d'une mandore, Le rythme somnolent où ma névrose odore Son spasme funéraire et cherche à s'oublier ! Gouffre intellectuel, ouvre-toi, large et sombre, Malgré que toute joie en ta tristesse sombre, J'y peux trouver encor comme un reste d'oubli. Si mon âme se perd dans les gammes étranges De ce motif en deuil que Chopin a poli Sur un rythme inquiet appris des noirs Archanges.
Commentaires (1)
Escuiruel fringant -------- Je suis l’animal singulier Qui séduit, et grimpe, et dévore ; D’une dryade qui m’adore Je suis le démon familier. Les feuilles tombent par milliers, Que le déclin dessèche et dore ; Mais les sapins sont verts encore, De ce lieu les plus beaux piliers. Je cours plus vite que mon ombre, Moi dont l’humeur n’est jamais sombre ; Les maux par moi sont abolis. Je suis cet animal étrange, Fort insolent mais très poli, Je suis rongeur, je suis archange.
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