Poème d’un membre
Marche sur le trottoir
par PhulanKileMembre
Le trottoir tacheté de sombre, grisâtre, se piétine en tout sens. Au loin la tache d'un astre, jaune, réapparaît, loin, au-delà de l'horizon pour donner à cette journée venteuse sa triste oraison. Le marcheur cerne mieux qu'un autre la douceur des sols profonds, tel Pierre l'Apôtre gémissant le matin de n'avoir pu croire en Sa nuit. Le marcheur est une ombre qui chasse son envie. De Paris, capitale des villes, le marcheur ne discerne pas le grain de ce trottoir, le grès des murs blêmes, ni les passants, ni les senteurs, à peine voit-il les cernes humides, dans la rigole, qui sèchent au grès du vent terne. Le trottoir tacheté de sombre, grisâtres senteurs de l'ancienne pluie, lugubres pleurs du marcheur s'effacent derrière son pas, pressé du malheur de son cœur, froissé de contempler cette Heure. Le trottoir est resté, il s'est revu des cieux souillés, le marcheur est passé, il s'est évadé de l'horizon lacté. 24 mai 2005
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