Poème
Mais quelle aveugle loi tellement te maîtrise
par Marc PAPILLON DE LASPHRISE
Mais quelle aveugle loi tellement te maîtrise De prendre un voile noir, égarant tes beaux yeux Des plaisirs, les plaisirs les plus délicieux, Pères de ta beauté, des beautés plus exquise ? Quel Christ, quel saint, quel roi, quel ange, quel Moïse, A fait, dit, commandé, porté, prêché tels voeux ? Que si c'était un saint, il fut lors oublieux D'ôter pour prier Dieu la divine franchise. Tous les biens assemblés sans elle ne sont rien, Et par elle les maux semblent s'adoucir bien, La chère liberté a l'honneur de la gloire. Ne tranche donc le mot de la profession, Ou tu es en danger, si tu ne me veux croire, De souffrir sottement double damnation.
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Barde et moniale ---------------- Une nonne a séduit Papillon de Lasphrise ; Or le voilà rimant au nom de ses beaux yeux. -- « Rhapsode, oses-tu être ici jaloux de Dieu ? Il est vrai que la dame a des formes exquises; Eusses-tu entendu, pourtant, comme Moïse, Un buisson te parlant au nom des lois des cieux, Tu n'aurais point formé d'aussi profanes voeux ! Prends donc garde à l'échec d'une telle entreprise. » -- « Mais le ciel sans ses yeux ne me serait plus rien ; Le beau se ternirait, nul goût n'aurait le bien, Indifférent serait de trouver honte ou gloire. C'est donc là tout le sens de ma supplication ; Et si la belle entend ma douce invocation, Je prie le charpentier qu'elle veuille m'en croire. »
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