Poème
Les Spectres
À M. B. Vous les connaissez bien ces amants des clairières, Ces spectres, revenant, de la tombe transis, Sous la lune bleuâtre et ses pâles lumières… Ils dansent dans les cimetières, Mais dans mon cœur, ils sont assis. Ils sont là, tous, assis avec mélancolie, Dans l’immobilité des morts, sous leurs tombeaux : Et pâles et navrés, croyant qu’on les oublie, Ils ne se doutent pas qu’ils sont pour nous la Vie, Plus puissants qu’elle et bien plus beaux ! O spectres des amours finis, — spectres de femmes, Qui faites nos regrets pires que des remords… Vous ne revenez pas que la nuit dans nos âmes… Mais des jours les plus clairs vous noircissez les flammes Et, morts, faites de nous des morts ! Et toi, toi qui me crois vivant, — vivant encore, Car je le redeviens sous tes regards si doux, — Crains les sentiments fous des cœurs à leur aurore, Et n’apprends pas qu’il est dans ce cœur qui t’adore Un mur de mortes entre nous !
Commentaires (2)
Troll forestier --------------------- Je lisais un vieux livre au bord d'une clairière. Un troll, non loin de moi, se plongeait, lui aussi, Dans un grimoire ancien, sous la grise lumière ; Chacun sur une souche, à l'aise, bien assis. Les deux bouquins étaient pleins de mélancolie, Ne parlant que de mort, de spectres, de tombeaux ; Certains jours, semble-t-il, c'est ainsi qu'est la vie, Montrant, dans le trépas, son attrait le plus beau. Enfin, ce fut le temps de reprendre nos routes, Mais je ne savais plus quel était mon chemin : Je balançais, perdu dans un horrible doute, Entre la voie des trolls et celle des humains.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/11/26/troll-forestier/
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