Poème
Les Grenades
par Paul VALÉRY
Dures grenades entr’ouvertes Cédant à l’excès de vos grains, Je crois voir des fronts souverains Éclatés de leurs découvertes! Si les soleils par vous subis, Ô grenades entre-bâillées Vous ont fait d’orgueil travaillées Craquer les cloisons de rubis, Et que si l’or sec de l’écorce À la demande d’une force Crève en gemmes rouges de jus, Cette lumineuse rupture Fait rêver une âme que j’eus De sa secrète architecture.
Commentaires (1)
Dame de la lune verte ---------------- -- Maîtresse de la verte lune, Impératrice des chagrins, Qui voudras-tu pour souverain ? Pour qui, cette bonne fortune ? -- J’ai choisi le vent de la dune Qui d’herbe m’offrit quelques brins, Et de blé, même, quelques grains ; Nous vivrons auprès des lagunes. -- Mais si le chêne à rude écorce Te fait hommage de sa force, Ton coeur en sera-t-il ému ? -- Non, je me n’aime pas les ruptures Que par son caprice on endure, Ainsi qu’il advint, quand il m’eut.
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