Poème
Les Constellations
par Albert SAMAIN
Clydie, au crépuscule assise dans les fleurs, Regarde, à l’orient, de ses beaux yeux rêveurs Les constellations, claires géométries, Au velours bleu du soir fixer leurs pierreries. Mélanthe les indique et, le doigt vers les cieux, Les nomme par leurs noms doux et mystérieux : Pégase, le Dragon, Cassiopée insigne, Andromède et la Lyre, et la Vierge et le Cygne, Et le grand Chariot qui brille éblouissant Et, seul, n’a point de part aux bains de l’Océan. La majesté des dieux avec l’ombre descend, Donnant une âme auguste aux choses familières. Sur le bord opposé du golfe, des lumières Brillent ; par instants glisse et s’éloigne un bateau. Le bruit des rames va s’affaiblissant sur l’eau... Et les amants, dont l’âme au firmament s’abîme, Enivrés de la nuit transparente et sublime, Parfois ferment les yeux et soudain, ô douceur ! Retrouvent tout le ciel étoilé dans leur cœur.
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