Poème
La Bulle
par Albert SAMAIN
Bathylle, dans la cour où glousse la volaille, Sur l'écuelle penché, souffle dans une paille ; L'eau savonneuse mousse et bouillonne à grand bruit, Et déborde. L'enfant qui s'épuise sans fruit Sent venir à sa bouche une âcreté saline. Plus heureuse, une bulle à la fin se dessine, Et, conduite avec art, s'allonge, se distend Et s'arrondit enfin en un globe éclatant. L'enfant souffle toujours ; elle s'accroît encore : Elle a les cent couleurs du prisme et de l'aurore, Et reflète aux parois de son mince cristal Les arbres, la maison, la route et le cheval. Prête à se détacher, merveilleuse, elle brille ! L'enfant retient son souffle, et voici qu'elle oscille, Et monte doucement, vert pâle et rose clair, Comme un frêle prodige étincelant dans l'air ! Elle monte... Et soudain, l'âme encore éblouie, Bathylle cherche en vain sa gloire évanouie...
Commentaires (5)
Apprendre par coeur ce poème en CM1, n'était pas évident. Et pourtant !
J'ai du apprendre cette merveille de la grande poésie, à l'école. ;-) Rien que ce prénom "Bathylle"...
Ah , le cher Albert Samain !
oui, Albert SAMAIN; J'ai 88 ans cette année je suis née en 1934. Mon institutrice " Madame MANCHING" me la faisait réciter. Bathylle dans la cour, ou glousse la volaille, sur l'écuelle penchée , souffle dans une paille. l'eau savonneuse, mousse et bouillonne à grand bruit. L'enfant qui s'épuise sans fruit sent venir à sa bouche une âcreté saline. Une bulle à la fin se dessine et monte doucement vert pâle et rose clair comme un frêle prodige étincelant dans l'air.
voilà ce que mon institutrice me faisant réciter lorsque en cm2
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