Poème
Les Bûchers
par Albert SAMAIN
Les générations passent sous le soleil, Sans regarder le ciel trop haut pour leurs paupières, Bétail indifférent, végétant aux litières Des jours de chair épaisse et d’opaque sommeil. L’or seul, l’or luit partout, dieu sordide et vermeil. Et les peuples obscurs, qu’effare la lumière, Roulent à l’océan sans fond de la matière, Larves mornes qui n’ont jamais connu l’éveil. Alors, pour éclairer la nuit sombre des temps, De loin en loin des coeurs, de beaux coeurs palpitants Brûlent, torches de foi, d’amour, ou de génie. Et l’histoire, stérile amas d’écroulements, N’est qu’un désert peuplé de ces grands flamboiements Par qui l’humanité s’illumine - infinie.
Commentaires (7)
Lorraine aux vignes d'or où l'oiseau vole bas, Où le fruit et la fleur séduisent les abeilles, Où le vin met au coeur de l'homme des merveilles, Lorraine vient de perdre un sinistre combat. * Le sombre tribunal d'opprobre la frappa Pour avoir remporté victoires nonpareilles. Tant de jours d'argutie et tant de nuits de veille ; On en vient au verdict : elle ne vivra pas. * Église, qu'as-tu fait de ton humble servante ? Pourquoi l'as-tu plongée en mortelle épouvante ? Pourquoi, de ton enfer, veux-tu l'effaroucher ? * Le bourreau, cependant, est fort heureux de vivre, Lui qui travaille mieux quand il est un peu ivre, Et rêve en balayant les cendres du bûcher.
C'est bien beau mais un peu vieux vos histoires là, à tous les deux... Florange, on en parle ? :)
Brève de comptoir : Lakshmi Mittal va en enfer. Au bout de quelques mois, le diable le conduit chez Saint Pierre. "Prenez-moi celui-là, il m'a éteint trois fourneaux".
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/11/cendres-de-jeanne/
Ambiquark polychrome ----------- Moi, je suis plus subtil qu’un photon de soleil, Et si tu me voyais, tu battrais des paupières ; Mais, pauvre moucheron attiré par la bière, Tu ne vois que ton verre éclairant ton sommeil. Je n’envie nullement le neutrino vermeil. Peu digne de séduire un chercheur de lumière ; Je n’ai rien à cirer de la sombre matière, Absurdement pesante, incapable d’éveil. Je transcende l’espace et je nargue temps, Entouré du fracas d’électrons crépitants . Je ris d’un physicien qui se croit un génie. Des plumitifs sur moi bâtiront des romans, Mais qui ne se vendront pas trop abondamment ; Nul ne peut imiter ma sagesse infinie.
Ambiquark polychrome ... (retouche) ----------- Moi, je suis plus subtil qu’un photon de soleil, Et si tu me voyais, tu battrais des paupières ; Mais, pauvre moucheron attiré par la bière, Tu ne vois que ton verre éclairant ton sommeil. Je n’envie nullement le neutrino vermeil. Peu digne de séduire un chercheur de lumière ; Je n’ai rien à cirer de la sombre matière, Absurdement pesante, incapable d’éveil. Je transcende l’espace et je nargue le temps, Entouré du fracas d’électrons crépitants ; Je ris d’un physicien qui se croit un génie. Des plumitifs sur moi bâtiront des romans, Mais qui ne se vendront pas trop abondamment ; Nul ne peut imiter ma sagesse infinie.
Chien subtil ------- J’aime la pluie et le soleil, J’aime le sable et la rivière ; Nous ne buvons jamais de bière, Ni moi-même, ni mes pareils. Mon maître aime le vin vermeil Qu’offre la belle tavernière ; Il le dit porteur de lumière Et facilitateur d’éveil. Je trouve ça dans l’eau, pourtant, Ce rayonnement éclatant Grâce auquel je suis un génie. Mais ce n’est là qu’un sentiment ; Tu m’absoudras bien gentiment Pour cette mégalomanie.