Poème
Faust
par Albert SAMAIN
Ô Faust, ta lampe blême expire de sommeil ; La page où tu lis tourne au vent frais de l'aurore. Lève le front, regarde... au chant du coq sonore La face du seigneur monte dans le soleil ! Pendant qu'au pavé nu tu crispes ton orteil, Vois, le monde tressaille, heureux d'un jour encore. Ta vie est un serpent maudit qui se dévore. …………………………………………… Ton âme ? - Ta science affreuse l'a tuée. Ta raison ? - Laisse là cette prostituée Qui s'est donnée à tous, et qui n'a point conçu. Mais Hélène aux bras blancs passe au loin sur la grève, Et ton coeur, ton vieux coeur à la fin se soulève, Devant le corps divin voilé d'un long tissu, Vers le seul rêve humain qui n'ait jamais déçu.
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