Poème
L'enfance incontinant meurt devant la jeunesse...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
L’enfance incontinant meurt devant la jeunesse, L’adolescence fait la jeunesse mourir, La virilité fait au monument courir L’àge d’adolescence, où l’amour nous oppresse, La virilité cede à la morne vieillesse, La mort fait le surjon de vieillesse tarir, Le jour du lendemain, le jour-d'huy fait perir, Tant la fuitte du tems et la suite se presse. Que souhaittons nous donc, de nos jours perissans Le trespas importun, poussans et repoussans Nostre àge de l’espaule ? hommes peu sociables, Nous courons du present vers le tems à venir Et, roulant en nos ceurs comme monceaus de sables, Ne pouvons en lieu seur seurement nous tenir.
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D'une rive à l'autre ------------- Par le pont Saint-Michel, franchi dans ma jeunesse, Combien de mes amours s’en allèrent mourir ? Sur un pareil sujet je ne veux discourir, D’autres en parleront, qui plus ont de noblesse. Passant le Pont de Pierre au seuil de ma vieillesse, Je vois auprès de l’eau d’autres printemps fleurir ; Sous le ciel lumineux je regarde courir En Garonne les nefs, qui jamais ne se pressent. Or, je n’ai point regret de mes jours périssants, Puisqu’en d’autres vergers sont des fruits mûrissants Et qu’au ciel nous voyons la lune impérissable. Je sais que le passé ne doit pas revenir, Car je l’ai lu souvent dans mes livres de sable ; Et le présent, dis-moi, qui le peut retenir ?
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