Poème
Le voeu
Jadis l'Ibère noir et le Gall au poil fauve Et le Garumne brun peint d'ocre et de carmin, Sur le marbre votif entaillé par leur main, Ont dit l'eau bienfaisante et sa vertu qui sauve. Puis les Imperators, sous le Venasque chauve, Bâtirent la piscine et le therme romain, Et Fabia Festa, par ce même chemin, A cueilli pour les Dieux la verveine ou la mauve. Aujourd'hui, comme aux jours d'Iscitt et d'Ilixon, Les sources m'ont chanté leur divine chanson ; Le soufre fume encore à l'air pur des moraines. C'est pourquoi, dans ces vers, accomplissant les voeux, Tel qu'autrefois Hunnu, fils d'Ulohox, je veux Dresser l'autel barbare aux Nymphes Souterraines.
Commentaires (1)
Arbre charmeur ---------- L’arbre me séduisit par son feuillage fauve Et ses petites fleurs aux reflets de carmin ; Sur la douceur du tronc j’aime poser ma main, Les branches m’abritant comme une grande alcôve. C’est ici que j’ai lu des vers du Cahier Mauve, Mais aussi des écrits du temps des vieux Romains ; Je vis de poésie, car j’ai pris ce chemin, Je crois que c’est un art qui m’éveille et me sauve. Sur un arbre, un renard, une rose, un poisson, Sur dix mille sujets je fis quelques chansons Que chante à des marins, peut-être, une sirène. Mon bel arbre charmeur, accomplis donc ce voeu: Que je puisse rimer autant que je le veux Avant d’aller dormir en chambre souterraine.
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