Poème
Le tems ne bouge point et jamais ne repose...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le tems ne bouge point & jamais ne repose, La vie instable fuit & ne chemine pas, Fortune escrime & bat sans remuer les bras, Le monde nous despesche & n’en scavons la cause. L’amis avec l’amis se trompe à levre close, La chair sans le sentir consomme nos esbas, Languissant sans secours le ceur chet au trespas Et la nuit à nos yeus effroyable s’oppose. La memoire de nous comme neige deffaut, Nostre gloire se passe & la mort nous assaut Entrant en la maison sans buquer a la porte. Il n’est pas ordonné que nous vivions tousjours, Incontinant fanit le plus verd de nos jours Par l’hyver rigoureus que la viellesse apporte.
Commentaires (1)
Jours insaisissables ------------------------- Que l'humain soit actif ou bien qu'il se repose, Il subit la durée qu'il ne maîtrise pas. Il laisse tout glisser, mais sans baisser les bras : Il calcule sans fin corrélations et causes. Il réfléchit beaucoup, gardant ses lèvres closes. Quand l'imagination veut prendre ses ébats, Il la force à penser au sinistre trépas Pour qu'à trop de gaîté la gravité s'oppose. Homme, quoi que l'on fasse, on est pris en défaut ! À la complexité ne donne plus l'assaut ; Va donc comme le temps et le rêve te portent. Et si des cauchemars te tracassent toujours, Reçois les, un par un, nuit par nuit, jour par jour ; Laisse-en la plupart se morfondre à ta porte.
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