Poème
Le Repas préparé
par Albert SAMAIN
Ma fille, laisse là ton aiguille et ta laine ; Le maître va rentrer ; sur la table de chêne Avec la nappe neuve aux plis étincelants Mets la faïence claire et les verres brillants. Dans la coupe arrondie à l'anse en col de cygne Pose les fruits choisis sur des feuilles de vigne : Les pêches que recouvre un velours vierge encor, Et les lourds raisins bleus mêlés aux raisins d'or. Que le pain bien coupé remplisse les corbeilles, Et puis ferme la porte et chasse les abeilles... Dehors le soleil brûle, et la muraille cuit. Rapprochons les volets, faisons presque la nuit, Afin qu'ainsi la salle, aux ténèbres plongée, S'embaume toute aux fruits dont la table est chargée. Maintenant, va puiser l'eau fraîche dans la cour ; Et veille que surtout la cruche, à ton retour, Garde longtemps glacée et lentement fondue, Une vapeur légère à ses flancs suspendue.
Commentaires (3)
Qu'il est heureux de pouvoir retrouver nos poésies d'enfance alors qu'on ne se souvient que des deux premiers vers. J'ai 80 ans et j'ai découvert les bonheurs de l'ordinateur il y a 7 ans à peine! Mes fils m'aidant à "cliquer" et manipuler ce mode de connaissances "à perte de vue", je suis devenue une habituée et une "fan" de GOOGLE qui m'aide tant, moi qui me suis mise à l'italien pour y retrouver mes racines paternelles et me permet de compléter les cours que je prends à l'Université du Temps Libre (utl tarbes) c'est fabuleux, j'ai même retrouvé une amie de pension de HTE SAVOIE 65 ans après notre séparation! Alors merci à ce site qui me replonge dans ma petite enfance !
C'est le retour au monde enfoui dans la mémoire.
Ma mémoire l' avait attribué à A. S. : Je voudrais inventer, un plat, un plat subtil et délicat, avec des choses cingulaire, c'est ma mère qui serait fière........?
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