Poème
Le pitre
par Paul VERLAINE
Le tréteau qu'un orchestre emphatique secoue Grince sous les grands pieds du maigre baladin Qui harangue non sans finesse et sans dédain Les badauds piétinant devant lui dans la boue. Le plâtre de son front et le fard de sa joue Font merveille. Il pérore et se tait tout soudain, Reçoit des coups de pieds au derrière, badin, Baise au cou sa commère énorme, et fait la roue. Ses boniments, de coeur et d'âme approuvons-les. Son court pourpoint de toile à fleurs et ses mollets Tournants jusqu'à l'abus valent que l'on s'arrête. Mais ce qu'il sied à tous d'admirer, c'est surtout Cette perruque d'où se dresse sur la tête, Preste, une queue avec un papillon au bout.
Commentaires (1)
Bison turlupin ----------- Héros d’une amusante joute, C’est le bovidé baladin ; Tu lui parleras sans dédain C’est avec respect qu’il t’écoute. Il a vraiment raison, sans doute, De s’exprimer d’un ton badin ; Ce n’est pas un causeur mondain, C’est un errant des longues routes. Son crâne est plus dur qu’un galet, Me dit son cousin Porc-Valet ; Mais il a bien toute sa tête. Ce bison très sage et très fou, Je sais qu’il est loin d’être bête ; Qu’on le sous-estime, il s’en fout.
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