Poème
Le Lys
par François COPPÉE
A Amédée Bandit Hors du coffret de laque aux clous d'argent, parmi Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées, Le riche et lourd collier, qu'agrafent deux camées, Ruisselle et se répand sur la table à demi. Un oblique rayon l'atteint. L'or a frémi. L'étincelle s'attache aux perles parsemées, Et midi darde moins de flèches enflammées Sur le dos somptueux d'un reptile endormi. Cette splendeur rayonne et fait pâlir des bagues Eparses où l'onyx a mis ses reflets vagues Et le froid diamant sa claire goutte d'eau ; Et, comme dédaigneux du contraste et du groupe, Plus loin, et sous la pourpre ombreuse du rideau, Noble et pur, un grand lys se meurt dans une coupe.
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