Poème
Le huchier de Nazareth
Le bon maître huchier, pour finir un dressoir, Courbé sur l'établi depuis l'aurore ahane, Maniant tour à tour le rabot, le bédane Et la râpe grinçante ou le dur polissoir. Aussi, non sans plaisir, a-t-il vu, vers le soir, S'allonger jusqu'au seuil l'ombre du grand platane Où madame la Vierge et sa mère sainte Anne Et Monseigneur Jésus près de lui vont s'asseoir. L'air est brûlant et pas une feuille ne bouge ; Et saint J oseph, très las, a laissé choir la gouge En s'essuyant le front au coin du tablier ; Mais l'Apprenti divin qu'une gloire enveloppe Fait toujours, dans le fond obscur de l'atelier, Voler les copeaux d'or au fil de sa varlope.
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Piaf-Tonnerre explorateur ------------ Piaf-Tonnerre, en chemin du matin jusqu’au soir, Traverse au fil du jour une étrange savane ; Il n’a point de porteurs et point de caravane, Il n’a point pour boisson le nectar du pressoir. Il n’est pas missionnaire, il n’a pas d’ostensoir, Tu n’entendras de lui que des discours profanes ; Mais il porte un espoir qui jamais ne se fane, Consacré par le ciel, et non par l’encensoir. Son oeil plein de malice observe ce qui bouge, Y compris des lézards qui, dans le couchant rouge, S’affrontent noblement en combat singulier. À l’heure où le décor de brume s’enveloppe, Il partage son gîte avec une antilope ; Cet être par moments se montre hospitalier.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2021/03/06/piaf-tonnerre-explorateur/
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