Poème
Le coucher du soleil
par René-François SULLY PRUDHOMME
Si j'ose comparer le déclin de ma vie A ton coucher sublime, ô Soleil ! je t'envie. Ta gloire peut sombrer, le retour en est sûr : Elle renaît immense avec l'immense azur. De ton sanglant linceul tout le ciel se colore, Et le regard funèbre où luit ton dernier feu, Ce regard sombre et doux, dont tu couves encore Le lys que ta ferveur a fait naguère éclore, Est triste infiniment, mais n'est pas un adieu.
Commentaires (2)
Ah, faut-il regretter de n'avoir qu'une vie ? Avec l'âge avancé se fane toute envie. L'anéantissement, qui pour chacun est sûr, Me fait trouver plus beau chaque matin d'azur. De ma fragilité ma rime se colore, Comme un bûcher jetant l'éclat d'un dernier feu ; Et, par-dessous ce feu, la braise couve encore Dont un plus rouge éclat est sur le point d'éclore, Lorsque viendra le jour d'écrire un mot d'adieu.
Beau! Cochonfucius!
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