Poème
Le Bois de la Roche
À mon ami, M. le sénateur Forget. Voici le flot jaseur ; le castel est tout proche, Encadré de jardins, de bosquets, de maquis ; Un grand peintre en ferait un ravissant croquis : Cet asile enchanté, c’est le Bois de la Roche. Au seuil où nous attend l’accueil le plus exquis, Un groupe radieux sourit à notre approche ; On sent comme un fumet de faisans à la broche : Sommes-nous au manoir d’un duc ou d’un marquis ? Nenni ! c’est mieux : ici, vous êtes chez un homme Que vénère le pauvre et que le riche nomme D’un nom fier que jamais nul souffle n’a terni. Un sage ! sous son toit tout charme et tout repose ; C’est la simple amitié qui vous reçoit sans pose Près d’un heureux foyer que le ciel a béni. (1902)
Commentaires (1)
Rêve d’une valise --------- Dans un songe enchanté, j’ai vu le départ proche, Un dieu me transportait, ou je ne sais pas qui ; Sur la route il chantait « Rien n’est jamais acquis », Ce poème a charmé mon âme de valoche. Nous avons progressé au travers d’un maquis, Cet épineux parcours se fit sans anicroches ; D’une église au lointain résonnèrent les cloches, Le dieu sans trop d’efforts les obstacles vainquit. Je n’avais nul regret du monde où sont les hommes, Ces malheureux fautifs qui mordirent la pomme, Regrettant le jardin dont ils furent bannis. À vivre en d’autres lieux mon âme se dispose, Peut-être en compagnie du prince et de sa rose ; Trinité, je t’adore et mon coeur te bénit.
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